Prétextes

Pour l’évaluation et la rééducation des facultés de gestion textuelle du patient adolescent ou adulte

Edition exclusivement réservée aux orthophonistes

Le mot d’atama

L’équipe d’Atama est très heureuse de vous partager le fruit de notre collaboration avec Madame Annick Duchêne, auteure, orthophoniste et docteure en neuropsychologie, et très fière de vous présenter cette collection, unique en orthophonie, d’exercices cognitifs numérique et à imprimer, pour patients adultes et ados : Prétextes.

Nous avons eu la chance de collaborer à de multiples reprises avec Annick Duchêne, dans d’autres cadres et sur d’autres projets.

Dans sa riche carrière, elle a édité plusieurs supports (ouvrages, logiciels, outils), elle est intervenue auprès de très nombreux patients : notamment les adultes cérébrolésés (AVC, traumatismes crâniens, maladies neuro-dégénératives) de tous âges, de tous niveaux socio-culturels et qui présentaient des troubles cognitifs des plus importants jusqu’aux plus subtils. Elle a rapidement réalisé qu’elle rencontrait différentes difficultés dans la prise en charge de ce type de patients et elle a éprouvé très vite le souhait de créer des produits qui répondent à ces besoins. Prétextes est le dernier né !

C’est une collection unique d’exercices cognitifs pour orthophoniste, destinée à l’évaluation et la rééducation des facultés de gestion textuelle des ados et des adultes. Nous souhaitons de tout cœur que cet outil soit utile au plus grand nombre : Orthophonistes, ados et adultes en difficulté et à leur entourage.

Prétextes : Qu'est-ce que c'est ?

Destiné à l’évaluation et la rééducation des facultés de gestion textuelle de patients adolescents et adultes, cet outil se présente comme un recueil d’exercices de stimulation cognitive basé sur la lecture de textes originaux rédigés par l’auteure.

Prétextes est avant tout un outil comportant des exercices de remédiation, élaboré spécifiquement pour stimuler conjointement plusieurs fonctions cognitives (langage, mémoire et fonctions exécutives) à partir d’une modalité verbale qui dépasse le strict niveau linguistique des énoncés.

Il propose aussi un outil d’évaluation pour repérer des déficits dans la gestion textuelle et analyser les processus cognitifs en cause, chez des sujets pouvant présenter des troubles subtils non encore objectivables par les tests neuropsychologiques classiques.

En effet, la gestion d’un texte (ou gestion textuelle) en compréhension comme en expression, est une activité mentale riche et complexe qui mobilise plusieurs fonctions cognitives : la compréhension, la mémoire épisodique, ainsi que les fonctions exécutives, elle met en jeu conjointement différents processus cognitifs linguistiques et non linguistiques, que l’on peut assimiler à une résolution de problème, au sens où l’entendent les psychologues cognitivistes. C’est pourquoi il nous a paru pertinent de proposer un outil d’évaluation et de prise en charge basés sur cette activité.

Prétextes : pour qui ?

Cet outil, créé en premier lieu pour les orthophonistes,est destiné à la prise en charge des troubles cognitifs de tout patient adolescent ou adulte chez qui on suppose un déficit(ou tout au moins une faiblesse) dans les procédures attentionnelles et/ou mnésiques et/ou exécutives alors que les performances strictement linguistiques sont correctes :

  • des collégiens ou lycéens en difficultés scolaires,
  • des sujets ayant présenté un AVC dans l’hémisphère gauche avec une relative bonne récupération phasique,
  • des sujets qui présentent des troubles dans la communication après un AVC dans l’hémisphère droit,
  • des sujets ayant subi un traumatisme crânien,
  • des sujets présentant une pathologie neuro-dégénérative dont on sait bien sûr que les déficits cognitifs sont multiples et en étroite dépendance.


Pour l’activité des textes à remettre en ordre, elle est utilisée essentiellement dans le cadre de syndrome dysexécutif(même léger). En effet, elle met en jeu l’ensemble des fonctions exécutives que sont la mémoire de travail, la planification, la flexibilité mentale et l’inhibition. Il s’agit là d’une tâche de type « résolution de problèmes ».

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Exclusivement réservé aux orthophonistes

Prétextes : les atouts

Conception experte

 Un outil conçu avec une auteure expérimentée et par une équipe spécialisée depuis plus de 15 ans dans l’édition d’outils destinés aux professionnels de santé.

Evaluation précise

Prétextes permet d’identifier des déficits subtils, non détectables par des tests plus classiques, notamment chez les patients présentant des troubles exécutifs.

Validé

Étalonné sur un panel de 356 sujets témoins, Prétextes évaluation est accompagné d’un manuel théorique détaillé, offrant des pistes d’analyse et d’interprétation.

Exercices variés et motivants

Les textes utilisés sont originaux, variés et adaptés à différents centres d’intérêt, permettant de maintenir la motivation du patient.

Personnalisation

Les exercices sont adaptés à différents niveaux de difficulté et à divers profils de patients, permettant une prise en charge sur-mesure et favorise un sentiment de réussite.

Complet

Les exercices de rééducation ciblés couvrent un large spectre de fonctions cognitives et permettent de stimuler la mémoire, le langage, les fonctions exécutives et l’attention.

Gratuit et sans engagement !

Prétextes : l'évaluation (réservée aux orthophonistes)

Prétextes propose deux épreuves portant sur la gestion de textes qui permettent d’évaluer les troubles linguistiques, mnésiques ou exécutifs chez des sujets dont les performances aux tests plus classiques sont subnormales voire normales, et qui pour autant, ont une plainte portant sur leurs activités cognitives.
Des pistes d’analyse et d’interprétation des résultats sont proposées dans le manuel théorique pour chacune des deux épreuves.

L'évaluation : Les épreuves

Textes à remettre en ordre

Afin de mettre en évidence un syndrome dysexécutif qui ne remet pas en cause la compréhension du texte et son maintien en mémoire, nous proposons les textes à remettre en ordre. Il s’agit là d’une épreuve type assimilable à une résolution de problèmes, qui met en jeu conjointement toutes les fonctions nécessaires à la gestion d’un texte ainsi que celles dévolues à la résolution de problèmes.

On retient pour cette tâche 4 étapes qui sont requises et fondamentales dans le cas de résolution de problèmes où un système de contrôle (vs automatique) est nécessaire.

  • La formulation d’un but ; ici la recherche d’une cohérence globale pour remettre en ordre.
  • La planification de l’action avec la mise en place de stratégies pour élaborer les différentes étapes de la gestion des micro et macrostructures.
  • L’exécution avec la mise en œuvre des règles linguistiques, de la gestion de la cohésion et de la pertinence, la mise en séquences des étapes, le contrôle et la régulation de l’action pour déterminer les numéros d’ordre, la prise de décision.
  • La vérification avec la relecture dans l’ordre choisi afin de sélectionner, ajuster et corriger éventuellement les réponses.

Textes avec questions et choix de résumé

Ce test va évaluer d’abord les fonctions linguistiques de compréhension verbale mais aussi :

  • l’attention,
  • le raisonnement avec la gestion de la cohérence et de la pertinence,
  • la mémoire à court terme pour arriver à la fin du texte sans avoir oublié les informations du début,
  • et bien sûr, la mémoire à long terme pour un rappel différé.

Ainsi en fonction des résultats aux trois étapes de ce test pourrons nous mettre en évidence :

  • une difficulté de gestion strictement linguistique : lexico sémantique et/ou morphosyntaxique pour la gestion des micro-propositions,
  • un problème de maintien en mémoire à court terme et/ou de mémoire de travail pour parvenir à déterminer ou élaborer les macro-propositions,
  • un problème de raisonnement qui empêcherait la gestion de la cohérence de l’ensemble et de la pertinence,
  • un problème de stockage et maintien à long terme pour parvenir à hiérarchiser les informations et les buts sur-ordonnés afin de saisir la trame et bien sûr pour choisir le résumé en différé.

L'évaluation : La normalisation

Les sujets contrôles ont été recrutés dans la population générale. Ils devaient avoir pour langue maternelle le français, avoir suivi un cursus scolaire normal jusqu’à au moins l’âge de 14 ans, ne pas avoir d’antécédents psychiatriques ou neurologiques et avoir un score au MMS supérieur à 28.

Au total, 356 sujets témoins répartis selon cinq niveaux socio-culturels. On donne ici des indications pour le niveau d’études mais on a à chaque fois adapté le choix en tenant compte des informations du sujet sur sa profession, ses activités (surtout de lecteur) et ses motivations sur les aspects culturels.

  • Niveau 1 : pas de diplôme, durée de scolarisation inférieure ou égale à 8 ans
  • Niveau 2 : Certificat d’études ou CAP ou Brevet des collèges
  • Niveau 3 : BAC jusqu’à BAC +2
  • Niveau 4 : BAC + 3 jusqu’à BAC + 5
  • Niveau 5 : au-delà de BAC plus 5

Prétextes : la rééducation

L’objectif premier de cet outil est de proposer différents exercices de gestion textuelle pour stimuler le langage, la mémoire et les fonctions exécutives. Vous retrouvez environ 100 textes par exercice, répartis en 5 niveaux de difficulté.

Les exercices

Textes à remettre en ordre

Il s’agit d’un exercice visant essentiellement à solliciter le fonctionnement des procédures exécutives, en replaçant des fragments de phrases dans le bon ordre.

Nombre de fragments à remettre en ordre, avec des textes de longueur et de difficulté croissantes :

  • Niveau 1 : 5 à 7 fragments (20 textes)
  • Niveau 2 : 6 à 9 fragments (20 textes)
  • Niveau 3 : 7 à 12 fragments (20 textes)
  • Niveau 4 : 9 à 15 fragments (20 textes)
  • Niveau 5 : 9 à 19 fragments (18 textes)

Gratuit et sans engagement !

Textes avec questions et choix de résumé

Exercice visant les procédures de déchiffrage, de compréhension verbale à un niveau élaboré et de mémoire épisodique à court, moyen et plus long terme.

  • 20 textes par niveau (de 1 à 4)
    et 17 textes pour le niveau 5
  • Longueur et difficulté des textes croissantes en fonction des niveaux
  • 5 questions QCM par texte
  • 1 bon résumé à choisir parmi 4

Gratuit et sans engagement !

Textes à trous

L’exercice vise à stimuler en premier lieu les procédures lexico sémantiques, mais également la gestion de la cohérence globale, la gestion du balayage visuel et l’espace de la page à lire.

Nombre de mots à placer, dans des textes de longueur et de difficulté croissantes :

  • Niveau 1 : 8 à 10 mots (20 textes)
  • Niveau 2 : 12 à 14 mots (20 textes)
  • Niveau 3 : 12 à 18 mots (20 textes)
  • Niveau 4 : 13 à 20 mots (20 textes)
  • Niveau 5 : 14 à 20 mots (18 textes)

Gratuit et sans engagement !

Textes à incongruités

L’exercice vise à solliciter le système de supervision puisqu’il s’agit de contrôler la validité lexicosémantique des mots présents dans la proposition et de pointer ceux qui entraînent une rupture de cohérence locale ou globale.

Nombre de mots incongrus à trouver et remplacer, dans des textes de longueur et de difficulté croissantes :

  • Niveau 1 : 5 à 8 mots (14 textes)
  • Niveau 2 : 8 à 12 mots (14 textes)
  • Niveau 3 : 8 à 15 mots (14 textes)
  • Niveau 4 : 10 à 14 mots (10 textes)
  • Niveau 5 : 14 à 18 mots (8 textes)

Gratuit et sans engagement !

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Exclusivement réservé aux orthophonistes

Focus sur le syndrome dysexécutif et la gestion textuelle

Dans l’optique des sciences cognitives, les différentes activités mentales sont conçues comme des processus de traitement de l’information de différents niveaux ou contenus, processus qui recouvrent de nombreuses modalités. Ces processus partent d’une analyse des données de l’environnement pour élaborer des conduites adaptées, via des fonctions cognitives plus ou moins élaborées.

Si l’on essaie de synthétiser les données des différentes approches, on retient que le fonctionnement exécutif est complexe : il exerce un contrôle intentionnel sur la pensée et les actions et supervise les différents processus cognitifs engagés quand le sujet doit s’adapter à une situation nouvelle, c’est-à-dire quand il doit élaborer des stratégies pour résoudre un problème de façon appropriée au contexte.

Il relève d’un ensemble de processus cognitifs variés. Ces processus interviennent simultanément et sont vraisemblablement en interaction dans les situations naturelles de vie quotidienne. Pour mieux appréhender la complexité du fonctionnement exécutif, les chercheurs ont essayé de dissocier les différentes opérations mises en œuvre et d’en faire l’inventaire.

On retient cinq fonctions essentielles pour analyser les activités mentales en cas de résolution de problème : la mémoire de travail dont on a parlé plus haut, l’inhibition, la flexibilité mentale, la planification et l’auto correction. Et quand on reprend les définitions concernant le fonctionnement exécutif et les données de la psycholinguistique, on peut sans conteste montrer que les processus mis en jeu dans la résolution de problèmes sont mobilisées dans la gestion textuelle.

Trois d’entre elles seront impliquées forcément dans la compréhension d’un énoncé de type textuel.

  • La mémoire de travail comme on l’a dit plus haut permet de stocker et maintenir une information pendant qu’un traitement cognitif s’effectue. Pour gérer la macrostructure d’un texte, il faut bien sûr maintenir en mémoire à court terme les informations occurrentes.
  • L’inhibition de la réponse ou contrôle inhibitoire est un processus qui permet d’empêcher les informations interférentes de venir perturber la tâche en cours. Pour la compréhension d’un texte, c’est une procédure essentielle à la gestion de la pertinence des informations sémantiques.
  • La flexibilité cognitive permet de déplacer le foyer attentionnel d’une information à l’autre. Dans le texte, il convient bien sûr de passer d’une microstructure du texte à une autre et de représenter les différents schémas de situations.

Les deux autres le seront quand le sujet devra agir sur le texte et donc organiser une stratégie pour accéder à son but.

  • La planification de l’action : qui permet d’anticiper les différentes actions, d’élaborer un plan, une stratégie et de séquencer les différentes étapes pour parvenir à l’objectif.
  • L’autocorrection qui assure le contrôle et le maintien de la stratégie jusqu’à son but.

Les 5 fonctions sont séparables mais elles sont la plupart du temps requises simultanément dans les situations de résolution de problème.

En clinique, il convient de considérer qu’un dysfonctionnement exécutif donnera lieu quasi nécessairement à des performances déficitaires dans la gestion textuelle ou discursive. Réciproquement, quand un sujet est en difficulté pour produire ou comprendre un texte ou un discours, alors qu’il ne présente pas de déficit au plan linguistique, il sera légitime d’analyser les performances de ses fonctions exécutives afin de découvrir l’origine de la problématique.

Ainsi la gestion des textes peut être entravée quand les troubles cognitifs du sujet sont subtils, peu importants donc mal objectivables par les tests classiques mais pour autant bien réels.

Annick Duchêne,
Auteure de Prétextes, Orthophoniste, Neuropsychologue, Docteure en neuropsychologie

L’auteure de Prétextes

Annick Duchêne

Orthophoniste, Neuropsychologue, Docteure en neuropsychologie,
Enseignante à l’école d’orthophonie de Lyon et à l’Université Lyon 2 en neuropsychologie,
Directrice de mémoire,
Auteure et co-auteure de plusieurs outils d’évaluation et publications scientifiques.

Auteure :

  • Orthophonie et micro-chirurgie laryngée , dans A. Morgon et P. Aimard. (Eds) Orthophonie, Documents et témoignages, Masson, 1988, pp 249-251.
  • Analyse des troubles de la communication des traumatisés crâniens , dans Aphasie et troubles des fonctions supérieures, Bulletin de l’AROMSOCERA, CHU Lyon Sud,. 1988, pp 137-146.
  • La gestion des inférences chez les cérébro-lésés droits , Parole, 11-12, 1999. p 257-288.
  • La gestion de l’Implicite : Protocole d’évaluation : livret théorique et carnets de passation de test. Ortho Edition, 2000.
  • La gestion de l’Implicite : carnet d’exercices. Ortho Edition, 2002.
  • Pragmatique : mise en perspective historique. Rééducation Orthophonique, N°221, Avril 2005, pp 8-11.
  • La compréhension de textes et le processus inférentiel. Rééducation Orthophonique. N° 227, Septembre 2006, pp 56-60.
  • Direction du N° 234 de la revue Rééducation Orthophonique, Juin 2008 : Les inférences dans la communication. Rééducation Orthophonique, N°234, Juin 2008, pp 15-23.
  • La gestion des inférences chez les cérébrolésés droits. Rééducation Orthophonique, N°234, Juin 2008, pp 75-90.
  • EMILIE : Protocole d’Evaluation de la compréhension de textes chez les enfants de la 6ème à la 4ème. Ortho Edition. 2009 et réédition aux Editions Happyneuron en 2014.
  • Direction du N° 248 de la revue Rééducation Orthophonique, Décembre 2011 : Le texte et les fonctions exécutives. Rééducation Orthophonique. N° 248, Décembre 2011.
  • PREDIMEM : Protocole d’Evaluation et de Dépistage des Insuffisances de la Mémoire, Editions Happyneuron, 2019.
  • PREDIFEX : Protocole d’Evaluation et de Dépistage des Insuffisances des Fonctions Exécutives, Edition Happyneuron, 2019.

Co-auteure :

  • La voix de l’enfant. G. Cornut, A. Duchêne, T. Beziat, A. Trolliet. Bulletin d’Audiophonologie, 1980, pp 1-15.
  • “Comparative study of oral and written picture description patients with Alzheimer’s disease”. B. Croisile , B. Ska, M J. Brabant, A. Duchêne, G. Aimard, M. Trillet. Brain and Language, 53, 1996, pp. 1-19.
  • Les noms en ORL , Dictionnaire des Eponymes. C. Dubreuil, A. Duchêne, J. Oudot. Editions Congrès Relation, 2002. 202 p.
  • PREDILEM : Protocole d’Evaluation et de Dépistage des Insuffisances du Langage et de la Mémoire, Editions Happyneuron. 2012.
  • PREDILAC : Protocole d’Evaluation et de Dépistage des Insuffisances du Langage et de la Mémoire, Editions Happyneuron. 2016.

Questions à l’Auteure

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de réaliser cet outil ?

J’ai travaillé dans ma carrière déjà très longue essentiellement auprès d’adultes cérébrolésés de tous âges, de tous niveaux socio-culturels et qui présentaient des troubles cognitifs des plus importants aux plus subtils.

Très vite, j’ai pu me rendre compte de plusieurs écueils dans ma prise en charge qui pouvaient remettre en cause son intérêt :

  • Des sujets qui n’avaient pas de troubles phasiques ou qui n’avaient pas de séquelles au plan linguistique objectivables par les tests d’aphasiologie classiques pouvaient être en difficultés dans la gestion des énoncés longs (cérébro lésés droits, syndrome frontal ou syndrome amnésique ou dysexecutif) et je ne savais pas comment objectiver leur plainte et leurs difficultés, ni bien sûr comment les prendre en charge.
  • Des sujets de bon (voire très bon) niveau intellectuel ou socio-culturel qui ne présentaient pas de troubles linguistiques ne se retrouvaient pas dans les épreuves ou exercices que je pouvais leur proposer.

En effet, les outils de prise en charge (très peu nombreux quand j’ai débuté) sont pour la plupart axés sur des procédures cognitives (linguistiques, mnésiques ou exécutives) de façon unilatérale et finalement peu en lien avec les situations de vie quotidienne. Il va sans dire que ces outils sont essentiels à la fois au diagnostic et à la rééducation mais j’ai très vite éprouvé le besoin de mettre en lien les données de la psycholinguistique, de la pragmatique et celles des sciences cognitives en général, pour essayer de correspondre aux besoins et attentes de ces sujets. Le texte m’a paru une modalité qui pouvait répondre à cet objectif.

A qui s’adresse ce matériel ?

D’abord aux orthophonistes ou neuropsychologues qui prennent en charge des adultes qui présentent des déficits cognitifs et particulièrement ceux qui ne présentent pas de troubles phasiques marqués et qui évoquent dans leur plainte une diminution de leurs performances en lecture ou dans les actes de vie quotidienne qui requièrent une programmation, une flexibilité mentale et/ou la mémoire de travail. Il s’agit donc de sujets qui ont pu présenter un AVC (droit ou gauche), un traumatisme crânien dont les séquelles sont peu visibles, ou encore des sujets qui débutent une pathologie neuro dégénérative.

L’outil peut également être utilisé par des professionnels de l’éducation auprès d’adolescents (ou même d’adultes) qui présentent (ou ont présenté) des difficultés d’apprentissage qui peuvent (ou ont pu) remettre en cause leur scolarité.

Pouvez-vous nous parler d’exemples de prises en charge de sujets avec lesquels cet outil vous a paru essentiel ?

Je pourrais citer de nombreux cas individuels avec lesquels j’ai utilisé le matériel mais je préfère évoquer des situations similaires pour plusieurs d’entre eux :

  • Le patient a une plainte cognitive et a déjà consulté dans un centre mémoire où il a bénéficié d’un bilan orthophonique et neuropsychologique. Les résultats aux épreuves de ces deux bilans sont normaux ou subnormaux. On le rassure ou on le classe dans les MCI en lui disant éventuellement de revenir un an plus tard. Le patient (ou son entourage) me consulte dans les semaines ou mois qui suivent et je propose entre autres épreuves, les tâches de remise en ordre du texte ou de rappel de récits lus. La plupart du temps, le sujet présente des difficultés qui ne sont pas en concordance avec son niveau socioculturel : même s’il se montre relativement performant pour les items des niveaux inférieurs, les résultats aux items qui correspondent à son niveau sont manifestement très en dessous de la moyenne. Le plus souvent, par la suite, il s’avère qu’il s’agissait bien d’une pathologie neurodégénérative débutante que les tests classiques n’avaient pas pu mettre en évidence.

  • Le patient a présenté un AVC ou un traumatisme crânien mais semble avoir récupéré l’ensemble de ses capacités cognitives et il retourne dans la vie active. C’est alors qu’il se rend compte que ses performances sont nettement moins bonnes qu’avant l’accident dans les tâches qu’il a à assurer professionnellement ou en tout cas que ces dernières lui demandent beaucoup plus de temps et occasionnent une grande fatigue. Là encore, les outils sur le texte vont permettre d’objectiver son ressenti et il conviendra dans ce cas de remettre en cause la reprise du travail prématurée et lui proposer une prise en charge adaptée.